Livres - N°156 - Janvier/Février 2019

Livres

Survol historique

Ce petit livre (format poche) revient sur les travaux du géographe Onésime Reclus, qui publia en 1908 La France à vol d’oiseau, un récit imagé et pittoresque de ses voyages à travers la France. C’est la partie charentaise de ce récit qui est reprise ici. Nous partons donc à la découverte du territoire à la toute fin du xixe siècle (marais, villes, stations balnéaires, îles…), le tout illustré de nombreux documents de la même période et du début du xxe siècle. Un témoignage qui permet de mesurer l’évolution de la vie et des paysages en un peu plus de cent ans.

Les Charentes à vol d’oiseau, Onésime Reclus, éd Le Festin, 86 pages, 7,50 €

 

Une aventure au goût de rhum

Cet ouvrage sort à l’occasion des 40 ans de la Route du Rhum. Catherine Chabaud, navigatrice et journaliste, y raconte dans un récit à la première personne ses souvenirs des courses – et de sa course du Rhum en 1998 – avec la participation d’un œil extérieur, Julie Bourgois, journaliste passionnée de voile. Ces deux passionnées décrivent ces parfums d’aventures extrêmes et solitaires, où les concurrents sont seuls en mer pour traverser l’Atlantique de Saint-Malo à Pointe-à-Pitre. On suit également la préparation de son compagnon, Jean-Marie Patier, qui s’est élancé cette année sur un monocoque, Cigare Rouge.

Parfums de Rhum, Catherine Chabaud et Julie Bourgois, éd. Glénat, 184 pages + 16 pages de photos, 15,95 €

 

Pirates et compagnie

Le thème de ce beau livre titille l’imaginaire des amateurs de récits de fortunes de mer. Et on n’est pas déçu tant l’auteur aborde, chronologiquement, le sujet de la piraterie de manière complète. Gérard Piouffre, historien spécialiste de la marine, débute l’ouvrage avec les pirates de l’Empire ottoman qui règnent au XVIe siècle en Méditerranée et les exploits d’Aroudj Barberousse. Il évoque ensuite le développement de la piraterie à travers les océans (Atlantique, Caraïbes) et les périodes. Par exemple, la découverte du Nouveau Monde provoqua le pillage des richesses des terres découvertes, une activité maritime accrue et des attaques plus nombreuses. Le cas du corsaire malouin Surcouf est longuement abordé. A la fin du XVIIIe siècle, basé à l’île de France (aujourd’hui Maurice), il fait sa renommée et sa richesse en s’emparant de navires de commerce, souvent anglais. L’ouvrage se termine sur les corsaires des guerres mondiales du XXe siècle et le retour des pirates somaliens autour de la Corne de l’Afrique au début du XXIe siècle.

L’ouvrage, d’une grande qualité de fabrication et richement illustré, est passionnant du début à la fin.

Pirates, corsaires, flibustiers et autres forbans, Gérard Piouffre, éd. Ouest-France, 216 pages, 35 €

 

Histoires de tableaux

Dans la série des beaux livres à offrir aux amoureux de la mer ou à s’offrir, voici cet ouvrage passionnant à plusieurs titres. D’abord parce qu’il présente de nombreuses peintures ayant trait à la mer. Ensuite parce qu’il explique leur composition. Et enfin, et peut-être surtout, parce que les auteurs «contextualisent» l’œuvre dans son époque, rapportant ainsi de nombreuses anecdotes qui enrichissent le récit. Ainsi, Les baleiniers (1845) de Turner est plus un hommage à l’intrépidité des baleiniers à l’époque qu’une dénonciation de la cruauté de cette pêche telle qu’on la voit aujourd’hui. Dans L’épave de Aivazovsky (1873), à la vue d’une barque chargée de naufragés en pleine tempête, «on ressent encore plus la fragilité de l’existence humaine». C’est avec sensibilité et érudition que Agata et Pierre Toromanoff décrivent les peintures, de tous styles et de toutes époques, d’artistes plus ou moins connus mais qui ont tous exprimé leur fascination face à la mer.

La mer vue par les peintres, Agata et Pierre Toromanoff, éd. Ouest-France, 220 pages, 25 €

 
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