Nature - N°157 - Mars/Avril 2019

La raie brunette, cousine des requins

Comme les requins, les raies sont classées dans les Elasmobranches, poissons cartilagineux à peau écailleuse dont on compte environ 900 espèces dans le monde. Bien sûr, leur forme est différente : si les requins misent sur la vitesse, les raies optent pour le camouflage et la nourriture sur les fonds marins.

Avec son mètre de longueur, la raie brunette adulte se reconnaît à ses dessins ondulés. D’ailleurs, son nom scientifique est Raja undulata.

Elle vit près des côtes orientales de l’Atlantique, entre la Grande-Bretagne et le Sénégal, ainsi qu’en Méditerranée. Grâce au grand nombre de capsules étudiées sur Marennes-Oléron, on peut dire que la raie brunette est l’espèce de raie la plus commune du territoire marin proche. Pourtant, à l’échelle européenne, elle est considérée comme menacée. Sa pêche est d’ailleurs interdite depuis 2015 en pêche de plaisance, et soumise à petits quotas fluctuants pour les professionnels.

On l’étudie grâce à ses capsules

Principalement sur les plages du nord de l’île, chacun aura remarqué ces capsules ornées de quatre cornes. Les récolter (en indiquant la date et le lieu) permet au CPIE d’acquérir des informations sur les lieux et périodes de ponte des différentes espèces. A ce jour, sept espèces de raies (et deux de roussettes) ont été identifiées.

Début 2019, sur les 700 000 capsules étudiées en France par l’APECS, 350 000 provenaient d’Oléron, à 96 % de raie brunette. Plus de 500 personnes ont déjà participé : pourquoi pas vous ?

Un sixième sens

Grâce à leurs yeux perfectionnés, les raies ont une vue très performante (plus que les chats, dit-on), qui leur permet de chasser la nuit les crustacés et petits poissons. Plus étonnant encore, elles peuvent analyser les moindres champs magnétiques. Cela leur sert à se repérer dans l’océan, à communiquer entre elles, et même à débusquer une proie à travers le sable, car tout mouvement animal émet un signal électrique.

Ces organes spécifiques s’appellent les ampoules de Lorenzini. Ils sont constitués de cellules sensorielles, baignant dans une gelée conductrice, reliés par un canal jusqu’à des pores de la peau. Les requins en sont également pourvus.

Une forme pas toujours pratique

Malgré leurs performances, les raies ont un désavantage de nos jours : dès leur plus jeune âge, leur forme aplatie les empêche de passer à travers les filets de pêche, nombreux près des côtes où elles habitent. Des études poussées sont en cours pour éviter ces captures accidentelles, mais la chute des populations est inquiétante. C’est pourquoi, prendre un moment pour participer à l’étude des capsules, mais aussi veiller à garder l’océan et les rivières propres, leur rendra un grand service. Ainsi qu’à tous !

Photo © CPIE MO


La raie, une vraie mère-poule ?

La raie brunette est ovipare : ses œufs sont protégés dans ces capsules qu’elle pond au fond de l’océan. Cinq à neuf mois plus tard, une petite raie en sort, pour aller se cacher puis chasser. La capsule finira vide sur la plage… Sauf si, comme c’est arrivé déjà, l’embryon est encore à l’intérieur. S’il est vivant, il peut être sauvé : contactez le CPIE qui a l’habitude.


Pour en savoir plus :

La page sur l’étude CapOeRa (capsules) : www.iodde.org/pages/Capsules-de-raies

Un Québécois nous explique le «sixième sens» : https://youtu.be/Bpr6QKJTCgo

Voir la raie brunette nager (la musique en option !) : voir ci-dessous


Cette fiche est réalisée par CPIE Marennes-Oléron 

05 46 47 61 85 - 111 route du Douhet 17840 La Brée-les-Bains - www.iodde.org

Avec le soutien de naturalistes de Marennes-Oléron

 

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