Ile d'Oléron - N°137 - Novembre/Décembre 2015

La disparition de Lysiane Fraigne

Portée disparue depuis le 13 octobre, Lysiane Fraigne, une commerçante de 54 ans, reste introuvable. Le 26 octobre, une personne, a priori son compagnon, a été placée en détention et mise en examen pour meurtre.

Le 13 octobre, alors que les touristes et les locaux terminent leur déjeuner et s’attardent aux terrasses des cafés, face au port de La Cotinière, sous un soleil encore chaud, s’opère un va-et-vient de voitures de gendarmerie. Elles s’arrêtent au 13 de la rue Garnaudières, une petite artère pavillonnaire à quelques encablures du cœur de La Cotinière. Vers 15h, des scellés sont posés à toutes les fenêtres et portes de la maison ainsi que sur la voiture stationnée devant. Un peu avant 17h, un hélicoptère se positionne en vol stationnaire au-dessus de la plage de Matha dans un premier temps puis élargit son cercle de recherche au village de La Cotinière et ses environs. Et là, les rumeurs commencent à enfler : une personne serait portée disparue, elle aurait été enlevée. Quelques heures plus tard, alors que l’on apprend qu’un chien a guidé les gendarmes vers la plage de Matha, ce ne serait plus une personne qui serait recherchée mais un corps, celui d’une personne qui aurait décidé de mettre fin à ses jours… Tard dans la soirée, confirmation est donnée qu’une personne est bel et bien portée disparue. Frêle d’allure mais dynamique quinquagénaire, Lysiane Fraigne, en effet, ne s’est pas présentée à la boulangerie où elle travaille à Saint-Georges. Une absence suffisamment inquiétante pour son employeur pour que rapidement la gendarmerie soit alertée et d’importantes recherches, aussi bien en termes humains, cynégétiques, aériens et maritimes, soient lancées. D’emblée, la thèse de la disparition volontaire ou du suicide est avancée. Impossible, rétorquent les proches de celle qui a tenu des restaurants à La Cotinière. «Cela ne correspond pas à son tempérament. C’est inimaginable. D’autant plus que depuis des mois elle ne parlait plus que du fait qu’elle allait être grand-mère. C’était plus qu’une joie. Elle était certes fatiguée par sa saison, mais comme tous les commerçants d’ici. Ni plus, ni moins.» Maman de deux grands garçons, dont la compagne de l’un a d’ailleurs donné naissance à une fille dans les jours suivants la disparition, Lysiane aurait été vue pour la dernière fois le dimanche 11 octobre sur le port de La Cotinière. Le 13 octobre, une enquête est ouverte pour disparition inquiétante. Des objets ont été saisis et des prélèvements ont été effectués dans sa maison ainsi que dans une voiture stationnée devant et qui appartiendrait à son compagnon. Ce dernier, ainsi que nombre de proches de la disparue, a été interrogé par les services de gendarmerie. Le 14 octobre, celle-ci a lancé un appel à témoins. Parallèlement, recherches et interrogatoires se poursuivent. Le 15 octobre, alors que les rumeurs enflent et que les commentaires vont bon train, l’enquête passe un nouveau palier : les gendarmes enquêtent désormais sur un enlèvement et séquestration. La voiture, mise sous scellés, aurait été rapatriée dans la cour de la gendarmerie. Plus personne ne semble croire à la thèse du suicide et encore moins à celle de la disparition volontaire à quelques jours d’une date très importante pour cette maman qui allait devenir grand-mère. 

Le 19 octobre, le parquet décide d’ouvrir une information judiciaire pour homicide, alors même que Lysiane n’a toujours pas été retrouvée. La vie reprend difficilement son cours avec son lot de fausses découvertes de corps. Tout s’accélère le 25 octobre avec l’interpellation, en région parisienne, d’une personne proche de la disparue. Il semblerait qu’il s’agisse de son compagnon avec qui elle a été vue le dimanche 11 octobre et dont elle souhaitait se séparer. Le lendemain, il est ramené, en hélicoptère, à la brigade de gendarmerie de Saint-Pierre. Le 28 octobre, il est mis en examen pour meurtre et placé sous mandat de dépôt. Dans un communiqué de presse aussi court que laconique, la vice-procureure Dominique Chevalier soulignait que «l’intéressé nie les faits» et «le corps n’a pas été retrouvé». Alors que l’identité de la personne n’a pas été dévoilée, il semblerait qu’elle avait été une des premières personnes interrogées dans le cadre de cette affaire et que son départ de l’île au lendemain de la disparition de Lysiane avait focalisé l’attention des services de gendarmerie sur son compte. Elle était, depuis, activement recherchée. 

 

 

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