Saint-Georges-d'Oléron - N°118 - Septembre/Octobre 2012

APTLO : opération de filtrage et camping «1» étoile

 

Depuis 41 ans, l’Association des propriétaires de terrains de loisirs en Oléron (APTLO) défend les droits des propriétaires sur parcelles privées. Cet été, elle a organisé une opération «coup de poing» en distribuant des tracts à l’entrée de l’île. Elle travaille sur le dossier d’un camping 1 étoile pour regrouper les propriétaires. 

Tous les ans, en juillet et en août, l’Association des propriétaires de terrains de loisirs en Oléron (APTLO) organise deux assemblées générales pour faire le point sur son activité et son actualité. Cette année, elle a décidé de sortir du cadre en organisant une action de filtrage et de distribution de tracts, au rond-point de la Chevalerie à l’entrée de l’île, le 11 août. «En tant que citoyens responsables, explique Eugène Membrado, le président, nous n’avons filtré que le flux de la circulation entrante, laissant libres les voies sortantes afin de ne pas entraver les services de secours. Tout s’est très bien déroulé dans la bonne humeur autant du côté des adhérents qui souhaitaient la bienvenue et un bon séjour sur l’île, que des touristes pour la plupart intéressés par notre situation de propriétaires campeurs dont ils ignoraient l’existence même, malgré les 41 ans de l’association.»

Le lendemain, l’association a distribué des tracts et une pétition aux commerçants locaux et saisonniers sur les marchés de Domino, Saint-Georges, La Brée, Saint-Denis, Saint-Pierre, Cheray, Boyardville. «Les commerçants dans cette période difficile pour le commerce ont su distinguer la période de notre présence sur l’île, d’avril à octobre en général, avec celle des vacanciers, qui se déroule sur un mois seulement. Nous avons recueilli une centaine de signatures de commerçants et une d’une députée en vacances sur l’île.»

Depuis plus de 40 ans, l’association défend les droits des propriétaires campeurs sur parcelles privées. Cet objectif principal a été rappelé lors des deux assemblées générales.

En juillet, l’association a tenu à souligner que les propriétaires de parcelles privées n’étaient «pas des nantis, mais nous revendiquons le droit de camper sur nos terrains à caractère familial en toute légalité et sans être sans cesse aux aguets d’une éventuelle contravention voire d’une poursuite judiciaire. Nous voulons que par un texte de loi nous soyons reconnus et que nous puissions préserver nos séjours familiaux sur nos parcelles. Nous avons conscience que pour certains cas des solutions alternatives doivent être trouvées. C’est pour ces raisons que nous avons élaboré un dossier de propositions que nous avons transmis à tous les niveaux des pouvoirs publics.» Depuis plusieurs années l’association a multiplié les interventions auprès des services de l’Etat et des élus îliens. Si l’ancien sous-préfet avait organisé plusieurs réunions il semble que les mutations préfectorales aient stoppé net l’élan amorcé. «Nous avons adressé notre dossier de propositions au nouveau sous-préfet. A ce jour, nous n’avons eu aucun retour ni souhait de nous rencontrer.»

Ces réunions annuelles ont été l’occasion de présenter le projet de camping 1 étoile. Dans les cas extrêmes d’interdiction de camper suite à l’application du PPR, il serait proposé de regrouper les propriétaires concernés dans une zone reprenant l’ensemble des obligations des terrains de camping professionnels. Les principales obligations concernent l’hygiène (tout à l’égout, sanitaires...), les commodités élémentaires (eau, électricité), les règles de sécurité en particulier vis-à-vis des risques incendie, la mise en place d’un syndic offrant ainsi l’avantage d’avoir un interlocuteur unique pour les services officiels et la création d’un règlement intérieur, seraient respectées.

Patrick Moquay, maire de Saint-Pierre, et Eric Proust, maire de Saint-Georges, présents lors des assemblées, ont semblé favorables à cette initiative et pensent qu’une concertation avec l’association devrait permettre d’avancer dans cette idée en examinant de plus près les conditions juridiques. Pour éviter toute ambiguïté, le terme camping 1 étoile devra être reconsidéré afin d’une part de ne pas interpeller le camping professionnel et d’autre part les services de l’environnement qui ne souhaitent pas accroître le nombre de campings. «Je suis toujours dans le même état d’esprit, explique Eric Proust, à savoir ne pas faire perdre la jouissance de leurs biens à des propriétaires mais nous avons proposé un examen au cas par cas. La révision du plan de prévention des risques va commencer à l’automne et elle aura inévitablement un impact sur les zones à risques. La camping 1 étoile peut être une solution mais le concept reste encore flou et cela ne doit pas devenir quelque chose de concurrentiel avec les campings existants.»

Patrick Moquay a tenu aussi à rappeler sa position concernant le camping sur parcelles privées. «Personne ne peut dire qu’il est hostile à la pratique du camping et à aucun moment je n’ai voulu faire perdre la jouissance des terrains par les propriétaires campeurs. Il peut exister des secteurs à risques ou des obligations d’urbanisme qui limitent voire interdisent l’utilisation des terrains. Ces situations nécessitent un examen au cas par cas et de trouver des modalités pour le reclassement des propriétaires concernés.»

Le déclassement de zones à camper dans le plan local d’urbanisme est la conséquence du plan de prévention des risques qui émane exclusivement des services de l’Etat. Ce dernier identifie unilatéralement les zones à risques sans que les communes puissent modifier ce document. La révision du PPR va commencer cet automne. Elle pourrait avoir un impact sur l’ajustement des zones à risques soit par immersion, soit par le feu. Pour sa part Didier Quentin, député-maire de Royan, s’est dit favorable à la définition d’un statut pour les propriétaires de terrains de loisirs et a suggéré qu’un projet de loi à l’initiative gouvernementale soit réalisé. «Je suis prêt à porter votre demande à l’Assemblée nationale.»

 

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